Partager l'article ! Grève à Médipole Saint-Roch : Les raisons de leur colère !: par Philippe Galano, lundi 20 juin 2011, 20:31 ...
C’est une mobilisation sans précédent des salariés de la polyclinique « Médipole Saint Roch ». Ils ont débrayé depuis une semaine pour demander des comptes à leur direction après l’annonce de la suppression des deux tiers de leur prime de participation.
Une mobilisation aussi soudaine que massive, plus de 300 salariés en grève, infirmier(e)s, aides soignant(e)s, employé(e)s administratifs se sont mis en grève ensemble pour protester contre la politique salariale de leur direction. Une affaire qui couvait depuis de nombreuse années. Le groupe Médipole leader en région Languedoc Roussillon affiche une santé florissante ce qui rajoute un peu plus d’incompréhension parmi les personnels qui ne comprennent pas pourquoi leur prime leur a quasiment été supprimée. Pour la CGT, première organisation syndicale, la politique salariale du groupe Médipole est scandaleuse. En effet, une infirmière gagne au bout de 10 ans de carrière à peine plus de 1600€/mois, un employé administratif est au SMIC. Une ASH au bout de 30 ans après 30 ans de carrière plafonne à 1260€. « Chacun pourra comprendre, nous expliquent les responsables syndicaux, les motifs de notre colère quand la direction nous a appris que notre prime de participation était divisée par trois ! ».
Une prise de conscience collective ?
La décision qui a amené la direction à minorer la prime de participation des salariés de la polyclinique Médipole Saint Roch a mis le feu aux poudres. Pour Pierre Place secrétaire départemental de la CGT, cette mobilisation massive montre le malaise qui demeure au sein d’un groupe secoué périodiquement par des conflits sociaux. Même si cette grève peut être analysée comme exceptionnelle, cette situation donne l’ampleur du malaise persistant et de l’injustice sociale partagée par la grande majorité des salariés de Médipole Saint Roch. Une injustice qui se traduit dans les choix de gestion de son PDG Marcel Herman, faisant appel par exemple à la société d’investissement européenne BRIDGPOINT pour une augmentation de capital. Un choix qui n’est pas sans conséquences pour les salariés qui de toute évidence paient l’adition de ce partenariat. Pour la CGT il faut revaloriser les salaires. La « participation » nous le voyons bien a des limites. Dans la négociation les responsables CFDT et CGT exigent une augmentation du point d’indice de 3%. Augmentation modeste certes mais au combien significative de la prise de conscience qui vient de naître dans ce conflit. Pour l’heure, la direction ne veut rien lâcher si ce n’est de revenir à la situation antérieure en octroyant une prime de participation égale à 2010. La réunion de conciliation entre les parties, en présence d’un médiateur, n’aura rien donné. Aucun rendez-vous n’est pour l’instant programmé. Une direction inquiète mais qui ne lâche rien. Pour les représentants syndicaux, la pression doit s’accentuer et le conflit doit s’élargir aux autres cliniques du groupe. Ils comptent aussi sur les élus. Nicolas Garcia, Jean Vila et le PCF ont été les premiers à soutenir leur mouvement. Quant aux parlementaires UMP, ils sont restés bien silencieux. Il faut dire que « le travaillé plus pour gagné plus » ne fait plus guère recette sur les lieux de travail. Demain les personnels de Saint Roch manifesteront en direction de la préfecture : soutenons les en nous joignons à leur cortège !
Philippe Galano
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Daniel Borreill