Et moi qui croyais que la voiture, c’était fini ! Quand Bertrand Delanoë, sous l’influence des Verts, bâtissait des murets de béton en travers des boulevards parisiens pour m’ empêcher de
circuler, quand Brice Hortefeux mettait la pression sur les policiers pour qu’ils m’enlèvent un point de permis chaque fois que je roulais à 54 kms heure sur les quais de la Seine ou que
j’atteignais 114 kms heure sur l’autoroute à travers le Morvan, quand Nicolas Sarkozy, en émule de Nicolas Hulot, promettait de me punir par une Taxe Carbone si je prenais le volant pour
aller à la campagne, je me figurais que c’était pour m’inciter à descendre attraper la grippe A dans un métro bondé et pollué et pour me contraindre à chanter « Adieu, l’auto ! »
J’avais donc fini par me résoudre à remiser ma petite Diesel en attendant de pouvoir la changer, dans deux ou trois ans, pour une « tout électrique ». Eh bien, je n’avais rien compris !
Toutes ces mesures anti-bagnole visaient justement à faire renaître mon désir ! L’interdit, c’est bien connu… « C’est si bon, que c’est presque un péché ».
J’aurais dû m’en douter, car la manœuvre était cousue de fil blanc : tout en réprimant les automobilistes de la main droite, le gouvernement ne s’évertuait-il pas, de la main gauche, à en
multiplier le nombre ? Il allait jusqu’à proposer à chaque candidat à l’achat d’une voiture neuve une prime de 1000 euros !
Le résultat dépasse toutes les espérances : 2, 6 millions de voitures neuves ont été vendues en France en un an. Du jamais vu depuis vingt ans ! Les patrons de Renault et Peugeot jubilent.
Les syndicats respirent : même si près de la moitié des voitures achetées dans ces conditions sont fabriquées à l’étranger, cela donne du travail pour plusieurs mois aux OS de Sandouville et
de Poissy. La Ministre de l’Economie peut annoncer un taux de croissance supérieur à celui qu’elle prévoyait. Le Premier ministre lui-même en oublie de parler « faillite ». Quant aux
actionnaires, ils vont pouvoir s’envoler vers des plages au soleil : divine surprise, la Bourse remonte ! Enfin, une bonne raison – consensuelle – de se réjouir : nous n’arrivons pas à vendre
notre TGV aux Chinois, notre nucléaire aux Emirats et nos Rafale au Brésil, mais nous vendons des voitures françaises aux Français !