Par
Anatole Bernard
"Chaque matin je me souviens d’Aragon. Alors, je commence par une lecture soigneuse de la presse, avant d’écouter la radio et parfois je regarde même la télévision. La plupart du temps ça me
met en colère, mais ça me réveille.
En réalité, les mêmes gensdelettres, les mêmes gensdetélé, les mêmes gensderadio sont encore là, pour dire les mêmes choses avec les mêmes moyens, les mêmes arguments et les mêmes promesses,
aux mêmes heures, sans même s’interroger sur leur perte d’innocence, sans même une excuse, les mêmes qui se prononçaient à plus de 90% pour le oui au référendum sur la Constitution
européenne. Les mêmes qui au lendemain de ce référendum, non remis de la vague du non, annonçaient la défaite de l’intelligence et la victoire d’une horde de va nu pieds, certes majoritaire,
mais non majeure disaient-ils : Si le peuple est souverain, il n’est pas infaillible. En démocratie, l’ingratitude, l’immaturité font partie des privilèges inaliénables des citoyens
(Editorial, Libération 03.05.05). C’était la voix de la haine, du mépris, de l’arrogance, attentatoire au respect le plus élémentaire des personnes. C’est connu, la démocratie c’est bien, à
la condition que le peuple vote comme on le lui demande"........
Source: Le grand soir

