Partager l'article ! A VOTRE SANTÉ PAR ANNE JEANBLANC: Les Français s'imposent des restrictions budgétaires pour les soins médicaux Par Anne Je ...
Par Anne Jeanblanc
Une impression croissante de vivre dans un système de soins à deux vitesses © Image Source/Corbis
La proportion de Français qui déclarent devoir s'imposer des restrictions budgétaires dans le domaine des soins médicaux est passée de 3 à 13 % en 30 ans, selon l'enquête 2010 "Conditions de
vie et aspirations", récemment rendue publique par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie. Pour cela, le Crédoc a interrogé un échantillon représentatif de
2.000 adultes. Les auteurs de ce travail soulignent une forte accélération de la tendance depuis 2005, avec une hausse plus nette en 2008. La part des personnes limitant le recours aux soins
médicaux est passée de 9 à 13 % entre 2007 et 2008, puis elle s'est stabilisée entre 2008 et 2010.
Parmi les principales réformes intervenues durant cette période, les auteurs de l'enquête soulignent la loi d'août 2004 sur l'Assurance maladie, qui a instauré le médecin traitant et le parcours de soins coordonnés. Ces deux modifications sont entrées pleinement en application le 1er janvier 2006. Leurs conséquences - même si elles ne sont pas les seules causes des restrictions budgétaires - touchent surtout les catégories les plus modestes, qui se limitent trois fois plus souvent que les catégories aisées : en 2010, 18 % des ménages disposant de moins de 900 euros par mois sont concernés, contre 5 % de ceux qui disposent de plus de 3.100 euros par mois.
Selon le Crédoc, le "sentiment que l'on est mieux soigné lorsqu'on a des relations et de l'argent" s'est diffusé dans la population française. "L'impression de vivre dans un système de soins à deux vitesses, qui était auparavant surtout perceptible chez les Parisiens, s'est progressivement répandue sur l'ensemble du territoire", remarquent les auteurs. Entre 1980 et 2010, la proportion d'individus pensant que l'on est "mieux soigné lorsqu'on est aisé" est passée de 52 à 66 % en milieu rural ; chez les Franciliens, elle atteint 73 %. La "crainte de développer une maladie grave" constitue, avec le chômage, le principal "sujet de préoccupation" des personnes interrogées. Ces résultats viennent confirmer ceux publiés en 2008 par l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé. Selon l'Irdes, 14 % de la population métropolitaine avait dû renoncer à des soins en 2006 pour raisons financières.
Législatives
Danielle Benquet
Législatives
Daniel Borreill